Compte-rendu Assemblée Générale de l'Association jeunes Entrepreneurs
20 Mars 2006

Thème de l'AG : Peut-on entreprendre quand on est jeune?

Ce compte rendu a été rédigé par le centre de ressources d'Advancia

Renaud BOTH, Président de l’association Jeunes Entrepreneurs :
L’association Jeunes Entrepreneurs a été créée par trois diplômés de l’EM Lyon. L’objectif de tous les bénévoles membres de Jeunes Entrepreneurs est de faire de l’esprit d’entreprendre, un système de valeur fort et partagé en France. La vocation de cette association est de donner aux jeunes le goût d’entreprendre notamment via :
-l’encouragement à l’esprit d’entreprendre dans la famille, dans l’enseignement et dans la communauté dans son ensemble
-l’adoption d’un nouveau système de solidarité qui instaure l’idée selon laquelle quand on travaille pour soi, on travaille aussi pour les autres.

Pour atteindre cet objectif, l’association diffuse gratuitement un jeu destiné aux lycéens : « entreprendre, c’est possible ». Ce jeu permet aux jeunes de prendre confiance en eux, de découvrir leurs capacités, de développer leur motivation.

Les perspectives de l’association résident dans les actions suivantes :
-distribution du jeu « entreprendre, c’est possible » dans une cinquantaine d’établissements scolaires français et internationaux (Québec, Maroc et Ile Maurice), en partenariat avec le Ministère des PME
-création de nouveaux bureaux en régions
-renforcement de la présence media
-augmentation du nombre d’adhérents
-organisation de tables rondes pour faire connaître l’association et faire partager les valeurs
entrepreneuriales par le témoignages de chefs d’entreprise.

André LETOWSKI, Responsable des études statistiques et des analyses à l’APCE (http://www.apce.com) et coordinateur de l’Observatoire des Pratiques Pédagogiques en Entrepreneuriat :
Les statistiques qu’il produit permettent de mieux comprendre comment est perçu l’entrepreneuriat en France. Sur de nombreux aspects (juridiques, fiscaux, …), la société est organisée pour les salariés des grandes entreprises. Quand un jeune déclare vouloir devenir entrepreneur, tant les parents que les enseignants ont tendance à déconseiller cette carrière car elle semble difficile. D’ailleurs, 2/3 des créateurs sont issus de famille d’entrepreneurs.

Au cours d’une vie, le statut de chef d’entreprise n’est pas immuable. Chaque année, un tiers des nouveaux dirigeants avaient déjà été chefs d’entreprise. Il n’est pas nécessaire de réussir dès sa première tentative pour devenir entrepreneur !
La création d’entreprise par les jeunes est loin d’être un phénomène marginal ; en 2005, 110 000 à 120 000 jeunes de moins de moins de 35 ans ont fondé une entreprise dont 60 000 avaient moins de 30 ans.

Les statistiques montrent que ce n’est pas le diplôme qui fait le chef d’entreprise. Il faut avant tout un diplôme adapté à son activité. Ainsi la plupart des jeunes créateurs sont issus de l’enseignement secondaire et en particulier des filières techniques. Ces derniers créent majoritairement dans le commerce et la construction. En revanche, les bac + 5 entreprennent essentiellement dans les services notamment les services aux entreprises.

En 2005, la moitié des jeunes ont créé avec moins de 8000 euros de financement. C’est notamment le cas pour les entrepreneurs qui proposent des prestations de conseil où il n’y a besoin ni d’investissement, ni d’employé.

Les jeunes femmes créent beaucoup plus que leurs homologues masculins dans les professions réglementées notamment en tant qu’aides soignantes, infirmières, médecins ou avocates.

Une enquête du Ministère des PME a analysé en profondeur le chiffre de 50 % de cessation d’activité à 5 ans. En réalité, seules 38 % des entreprises cessent au bout de 5 ans pour difficultés économiques.
En effet, de nombreuses entreprises enregistrées ne voient jamais le jour donc ne peuvent être considérées comme des cessations d’activité. De plus, 18 mois après leur cessation d’activité, 20 % des chefs d’entreprise déclarent avoir déjà créé une nouvelle entreprise et 20 % assurent qu’ils comptent fonder une entreprise à court ou moyen terme.

Marcel DERUY, Directeur OSEObdpme (http://www.oseo.fr/oseo/filiales_metiers/oseo_bdpme) :
70 % des créations d’entreprise ne demandent aucun prêt bancaire. Le Prêt à la Création d'Entreprise (PCE) a été mis en place essentiellement pour les entreprises qui ont un fort besoin en fonds de roulement. 15 000 PCE sont attribués chaque année. Le Président de la République a fixé un objectif d’attribution annuelle de 30 000 PCE.
Pour répandre l’esprit d’entreprendre parmi la population, Marcel DERUY propose :
-le renforcement de la communication de l’Education nationale sus ses initiatives en matière d’entrepreneuriat
-la diffusion d’une émission de moins de deux minutes à la télévision entre le journal de 20 heures et la météo avec des témoignages d’entrepreneurs qui communiqueraient leur envie d’entreprendre et montreraient qu’il est possible de lancer son entreprise.

René LE GOFF, Président du club AJE de Paris et de la ligue nationale de basket (http://www.lnb.fr), Conseiller de Paris, Président d’Unisys France (http://www.unisys.fr), Vice-Président d’Unisys
Europe (http://www.unisys.com) :
René LE GOFF a déjà créé une vingtaine d’entreprises dans deux secteurs :
-technologique : informatique
-sportif : basket. Il a ainsi fondé la 1ère SA à caractère sportif de France en 1984.
Il considère que s’il possède cette culture de l’entrepreneuriat, c’est car il a grandi dans une arrière-boutique.

« On n’est chef d’entreprise que si on est passionné ! ». L’entrepreneur doit posséder à la fois la passion et l’ambition pour supporter les hauts et les bas. Souvent, les échecs permettent à des
entrepreneurs de réussir par la suite des choses exceptionnelles. René LE GOFF assure que souvent quand des chefs d’entreprise détectent des qualités d’entrepreneur chez des salariés, ils les aident à créer leur entreprise.


René LE GOFF est administrateur de plusieurs associations dont :
-Paris Développement (http://www.parisdeveloppement.com) qui soutient les jeunes entreprises technologiques via notamment leur accueil dans des incubateurs
-Paris Initiatives Entreprises (http://www.parinitiativentreprise.com) qui aide essentiellement les micro-entreprises qui opèrent dans le petit commerce ou l’artisanat.

Sylvain TILLON, créateur de Lucyf’hair (http://www.lucyfhair.com) et co-fondateur de l’AJEL :
Lucy’hair est une société qui commercialise des bijoux pour cheveux. Sylvain TILLON a présenté son projet lors d’un concours de jeunes créateurs. Sur les 5 projets présentés, son business plan a obtenu la 4ème place mais un salarié de L’Oréal lui a dit qu’il soutiendrait son projet si celui-ci aboutissait. Après un an de développement et de recherche de partenaires, Sylvain TILLON a fondé son entreprise en utilisant les 7500 euros de son prêt étudiant.
Alors qu’il était à l’EM Lyon, les réseaux lui faisaient très peur. Il a préféré se monter son réseau personnel seul sans utiliser de réseaux préétablis. Aujourd’hui, il affirme que les réseaux l’aident
beaucoup notamment :
-NOVACITE (http://www.novacite.com)
-réseau des anciens élèves de l’EM Lyon
-Rhône-Alpes entreprendre
(http://www.reseau-entreprendre.org/fr/s05_asso/s05p03_fiche_asso.php?id=28).
Sylvain TILLON considère que son parrain au sein de Rhône-Alpes Entreprendre l’aide à acquérir une nécessaire rigueur financière.

Aujourd’hui, Lucy’hair vend ses produits à Etam, Jacques Dessange, Club Med ou encore Galeries Lafayette. L’entreprise compte trois salariés et une stagiaire en alternance.

Benoît MASSERON, Président du bureau Rhône-Alpes de l’association Jeunes Entrepreneurs et co-créateur de WBR Création (http://www.wbr-creation.com) :
Après une licence d’histoire, Benoît MASSERON a voulu se rapprocher du monde de l’entreprise en rejoignant le cursus de documentation spécialisée en intelligence économique de l’IUT de Lyon III.
Pendant ses études d’histoire, il possédait de nombreuses idées préconçues sur l’entreprise et notamment le fait qu’il fallait beaucoup de fonds pour se lancer. En réalité, il a lancé son entreprise
avec Renaud BOTH avec peu d’investissement car ils travaillent de chez eux. Alors qu’il ne connaît rien en fiscalité ou en droit, il assure qu’il est possible de réussir grâce à la maîtrise de son coeur d’activité et à la motivation.

Guilhem BERTHOLET, Président de l’AJEL et Créateur de Methodia (http://www.methodia.fr) :
Guilhem BERTHOLET est tombé dans la création d’entreprise via le football et la programmation Internet en mettant en ligne le site de l’équipe de football de Saint-Etienne. Son objectif était d’en faire un des premiers « gros » sites Web de football grâce notamment à de la vente en ligne. Il a abandonné ce projet car il rentrait en classes préparatoires mais ce projet lui a fourni une première approche de la création d’entreprise.
Un jour, il rencontre un camarade de l’EM Lyon qui a créé, avec un associé qui se désengage,Methodia, une entreprise de cours particuliers. Guilhem BERTHOLET rachète les parts de l’associé et
s’investit dans cette aventure sans attendre d’être diplômé.
Depuis une dizaine de mois, Methodia commence à bien se développer. Les associés souhaitent croître
par :
-l’ouverture d’une agence à Paris et Lille
-la création de franchises dans plusieurs pays européens.


Hugues de REVEL, Président du club d’entrepreneurs étudiants d’Advancia (http://www.advancia.fr) :
La pédagogie d’Advancia, l’école de l’entrepreneuriat, est centrée sur la prise d’initiatives et la gestion de projet. Les étudiants sont soumis à une obligation de résultats par la création d’une association ou d’une entreprise. Le travail en équipe révèle les compétences de chacun.

L’objectif du club d’entrepreneurs étudiants d’Advancia est de « créer du réseau ». Il permet de mettre en relation les étudiants avec des créateurs qui assurent du mentorat et partagent leur expérience.
L’état d’esprit de l’école se fonde sur l’esprit d’entreprendre dans toutes ses dimensions : pour la création d’entreprise mais aussi dans la vie. Il s’agit de diffuser chez les étudiants la volonté de mener sa vie et non de la subir. Hugues de REVEL souligne que l’entrepreneuriat, c’est aussi l’intrapreneuriat, c’est-à-dire l’entrepreneuriat dans une entreprise. Ainsi un chef de projet ou un
créateur d’une filiale est une véritable entrepreneur !

Marie-Claire AUFFRAY, professeur de gestion au lycée hôtelier Jean Quarré (http://lyc-jeanquarre.scola.ac-paris.fr) et membre de l’AGPCE (http://agpce.free.fr) :
Marie-Claire AUFFRAY témoigne que de nombreux jeunes souhaitent entreprendre. Sur 66 étudiants de BTS 1ère ou 2ème année, 27 jeunes, dont 16 filles, souhaitent présenter un projet de création d’entreprise à afin de remporter la « coupe des créateurs juniors » de l’AGPCE. Dans son accompagnement à la création, l’AGPCE travaille autant avec les jeunes sur leurs ambitions
(motivations, conciliation entre vie professionnelle et vie personnelle) que sur le projet en tant que tel (business plan, financement).

Sara DA SILVA GRANCHO, chef de projet du Groupement de Jeunes Créateurs de Vaulx-en-Velin :
Dans le quartier difficile dans lequel Sara DA SILVA GRANCHO travaille, elle rencontre beaucoupde jeunes qui veulent entreprendre et notamment des filles. La meilleure preuve la réalité de l’esprit d’entreprendre chez les jeunes est la présence d’entrepreneurs informels !
L’accompagnement de projets de création a donné envie à Sara DA SILVA GRANCHO de se lancer dans l’aventure. Elle souhaite fonder :
-à court terme, une activité autour de l’huile d’olive
-à moyen terme, des chambres d’hôtes dans sa région d’origine au Portugal.


Marion HENOCQ, chargée de mission au sein de la Boutique de Gestion Action Conseil (http://www.action-conseil.net) :
Basée en Rhône-Alpes, la Boutique de Gestion Action Conseil accompagne tous les types de projets et toutes les catégories de créateurs. Cette association soutient 150 à 200 projets chaque année. Les principaux problèmes rencontrés par les créateurs relèvent de la formalisation du projet et de la recherche de financement. Marion HENOCQ remarque que de nombreux projets semblent avortés car ils ne sont lancent pas immédiatement mais ils s’avèrent en réalité le plus souvent seulement reportés.

Bertrand de BROC, parrain de l’association Jeunes Entrepreneurs, skipper professionnel (Vendée Globe, Championnats multicoques, Solitaire du Figaro) :
Depuis l’âge de 18 ans, Bertrand de BROC tape aux portes des entreprises et des banques pour réunir des budgets afin de pouvoir naviguer. Sans les réseaux, il assure qu’il n’aurait pas pu décrocher un centime auprès des banques et de sponsors

Il sait que son métier est à risque. Ainsi il y a 3 à 4 ans, il dirigeait avec bonheur 6 à 7 personnes pour faire avancer ses projets. Il y a quelques mois, il a dû licencier tous ses salariés car une entreprise avait retiré son sponsoring. « Rien n’est acquis. La vie est là ! Il faut se faire plaisir en travaillant. »

L'association Jeunes Entrepreneurs adresse un grand merci aux participants à l'AG issus d'Advancia pour ce compte-rendu