Thème
de l'AG : Peut-on entreprendre quand on est jeune?
Ce
compte rendu a été rédigé par le centre
de ressources d'Advancia
Renaud
BOTH, Président de l’association Jeunes Entrepreneurs
:
L’association Jeunes Entrepreneurs a été créée
par trois diplômés de l’EM Lyon. L’objectif de tous les
bénévoles membres de Jeunes Entrepreneurs est de faire
de l’esprit d’entreprendre, un système de valeur fort et partagé
en France. La vocation de cette association est de donner aux jeunes
le goût d’entreprendre notamment via :
-l’encouragement à l’esprit d’entreprendre dans la famille, dans
l’enseignement et dans la communauté dans son ensemble
-l’adoption d’un nouveau système de solidarité qui instaure
l’idée selon laquelle quand on travaille pour soi, on travaille
aussi pour les autres.
Pour
atteindre cet objectif, l’association diffuse gratuitement un jeu destiné
aux lycéens : « entreprendre, c’est possible ». Ce
jeu permet aux jeunes de prendre confiance en eux, de découvrir
leurs capacités, de développer leur motivation.
Les
perspectives de l’association résident dans les actions suivantes
:
-distribution
du jeu « entreprendre, c’est possible » dans une cinquantaine
d’établissements scolaires français et internationaux
(Québec, Maroc et Ile Maurice), en partenariat avec le Ministère
des PME
-création
de nouveaux bureaux en régions
-renforcement de la présence media
-augmentation du nombre d’adhérents
-organisation de tables rondes pour faire connaître l’association
et faire partager les valeurs entrepreneuriales
par le témoignages de chefs d’entreprise.
André
LETOWSKI, Responsable des études statistiques et des
analyses à l’APCE (http://www.apce.com)
et coordinateur de l’Observatoire des Pratiques Pédagogiques
en Entrepreneuriat :
Les statistiques qu’il produit permettent de mieux comprendre comment
est perçu l’entrepreneuriat en France. Sur de nombreux aspects
(juridiques, fiscaux, …), la société est organisée
pour les salariés des grandes entreprises. Quand un jeune déclare
vouloir devenir entrepreneur, tant les parents que les enseignants ont
tendance à déconseiller cette carrière car elle
semble difficile. D’ailleurs, 2/3 des créateurs sont issus de
famille d’entrepreneurs.
Au
cours d’une vie, le statut de chef d’entreprise n’est pas immuable.
Chaque année, un tiers des nouveaux dirigeants avaient déjà
été chefs d’entreprise. Il n’est pas nécessaire
de réussir dès sa première tentative pour devenir
entrepreneur !
La
création d’entreprise par les jeunes est loin d’être un
phénomène marginal ; en 2005, 110 000 à 120 000
jeunes de moins de moins de 35 ans ont fondé une entreprise dont
60 000 avaient moins de 30 ans.
Les statistiques montrent que ce n’est pas le diplôme qui fait
le chef d’entreprise. Il faut avant tout un diplôme adapté
à son activité. Ainsi la plupart des jeunes créateurs
sont issus de l’enseignement secondaire et en particulier des filières
techniques. Ces derniers créent majoritairement dans le commerce
et la construction. En revanche, les bac + 5 entreprennent essentiellement
dans les services notamment les services aux entreprises.
En
2005, la moitié des jeunes ont créé avec moins
de 8000 euros de financement. C’est notamment le cas pour les entrepreneurs
qui proposent des prestations de conseil où il n’y a besoin ni
d’investissement, ni d’employé.
Les
jeunes femmes créent beaucoup plus que leurs homologues masculins
dans les professions réglementées notamment en tant qu’aides
soignantes, infirmières, médecins ou avocates.
Une
enquête du Ministère des PME a analysé en profondeur
le chiffre de 50 % de cessation d’activité à 5 ans. En
réalité, seules 38 % des entreprises cessent au bout de
5 ans pour difficultés économiques.
En effet, de nombreuses entreprises enregistrées ne voient jamais
le jour donc ne peuvent être considérées comme des
cessations d’activité. De plus, 18 mois après leur cessation
d’activité, 20 % des chefs d’entreprise déclarent avoir
déjà créé une nouvelle entreprise et 20
% assurent qu’ils comptent fonder une entreprise à court ou moyen
terme.
Marcel
DERUY, Directeur OSEObdpme (http://www.oseo.fr/oseo/filiales_metiers/oseo_bdpme)
:
70 % des créations d’entreprise ne demandent aucun prêt
bancaire. Le Prêt à la Création d'Entreprise (PCE)
a été mis en place essentiellement pour les entreprises
qui ont un fort besoin en fonds de roulement. 15 000 PCE sont attribués
chaque année. Le Président de la République a fixé
un objectif d’attribution annuelle de 30 000 PCE.
Pour
répandre l’esprit d’entreprendre parmi la population, Marcel
DERUY propose :
-le renforcement de la communication de l’Education nationale sus ses
initiatives en matière d’entrepreneuriat
-la
diffusion d’une émission de moins de deux minutes à la
télévision entre le journal de 20 heures et la météo
avec des témoignages d’entrepreneurs qui communiqueraient leur
envie d’entreprendre et montreraient qu’il est possible de lancer son
entreprise.
René
LE GOFF, Président du club AJE de Paris et de la ligue
nationale de basket (http://www.lnb.fr), Conseiller de Paris, Président
d’Unisys France (http://www.unisys.fr), Vice-Président d’Unisys
Europe (http://www.unisys.com) :
René LE GOFF a déjà créé une vingtaine
d’entreprises dans deux secteurs :
-technologique : informatique
-sportif : basket. Il a ainsi fondé la 1ère SA à
caractère sportif de France en 1984.
Il considère que s’il possède cette culture de l’entrepreneuriat,
c’est car il a grandi dans une arrière-boutique.
« On n’est chef d’entreprise que si on est passionné !
». L’entrepreneur doit posséder à la fois la passion
et l’ambition pour supporter les hauts et les bas. Souvent, les échecs
permettent à des
entrepreneurs de réussir par la suite des choses exceptionnelles.
René LE GOFF assure que souvent quand des chefs d’entreprise
détectent des qualités d’entrepreneur chez des salariés,
ils les aident à créer leur entreprise.
René LE GOFF est administrateur de plusieurs associations dont
:
-Paris Développement (http://www.parisdeveloppement.com) qui
soutient les jeunes entreprises technologiques via notamment leur accueil
dans des incubateurs
-Paris Initiatives Entreprises (http://www.parinitiativentreprise.com)
qui aide essentiellement les micro-entreprises qui opèrent dans
le petit commerce ou l’artisanat.
Sylvain
TILLON, créateur de Lucyf’hair (http://www.lucyfhair.com)
et co-fondateur de l’AJEL :
Lucy’hair est une société qui commercialise des bijoux
pour cheveux. Sylvain TILLON a présenté son projet lors
d’un concours de jeunes créateurs. Sur les 5 projets présentés,
son business plan a obtenu la 4ème place mais un salarié
de L’Oréal lui a dit qu’il soutiendrait son projet si celui-ci
aboutissait. Après un an de développement et de recherche
de partenaires, Sylvain TILLON a fondé son entreprise en utilisant
les 7500 euros de son prêt étudiant.
Alors
qu’il était à l’EM Lyon, les réseaux lui faisaient
très peur. Il a préféré se monter son réseau
personnel seul sans utiliser de réseaux préétablis.
Aujourd’hui, il affirme que les réseaux l’aident
beaucoup notamment :
-NOVACITE (http://www.novacite.com)
-réseau des anciens élèves de l’EM Lyon
-Rhône-Alpes entreprendre(http://www.reseau-entreprendre.org/fr/s05_asso/s05p03_fiche_asso.php?id=28).
Sylvain TILLON considère que son parrain au sein de Rhône-Alpes
Entreprendre l’aide à acquérir une nécessaire rigueur
financière.
Aujourd’hui,
Lucy’hair vend ses produits à Etam, Jacques Dessange, Club Med
ou encore Galeries Lafayette. L’entreprise compte trois salariés
et une stagiaire en alternance.
Benoît
MASSERON, Président du bureau Rhône-Alpes de l’association
Jeunes Entrepreneurs et co-créateur de WBR Création (http://www.wbr-creation.com)
:
Après une licence d’histoire, Benoît MASSERON a voulu se
rapprocher du monde de l’entreprise en rejoignant le cursus de documentation
spécialisée en intelligence économique de l’IUT
de Lyon III.
Pendant ses études d’histoire, il possédait de nombreuses
idées préconçues sur l’entreprise et notamment
le fait qu’il fallait beaucoup de fonds pour se lancer. En réalité,
il a lancé son entreprise
avec Renaud BOTH avec peu d’investissement car ils travaillent de chez
eux. Alors qu’il ne connaît rien en fiscalité ou en droit,
il assure qu’il est possible de réussir grâce à
la maîtrise de son coeur d’activité et à la motivation.
Guilhem
BERTHOLET, Président de l’AJEL et Créateur de
Methodia (http://www.methodia.fr)
:
Guilhem BERTHOLET est tombé dans la création d’entreprise
via le football et la programmation Internet en mettant en ligne le
site de l’équipe de football de Saint-Etienne. Son objectif était
d’en faire un des premiers « gros » sites Web de football
grâce notamment à de la vente en ligne. Il a abandonné
ce projet car il rentrait en classes préparatoires mais ce projet
lui a fourni une première approche de la création d’entreprise.
Un
jour, il rencontre un camarade de l’EM Lyon qui a créé,
avec un associé qui se désengage,Methodia, une entreprise
de cours particuliers. Guilhem BERTHOLET rachète les parts de
l’associé et
s’investit dans cette aventure sans attendre d’être diplômé.
Depuis
une dizaine de mois, Methodia commence à bien se développer.
Les associés souhaitent croître
par :
-l’ouverture d’une agence à Paris et Lille
-la création de franchises dans plusieurs pays européens.
Hugues de REVEL, Président du club d’entrepreneurs
étudiants d’Advancia (http://www.advancia.fr)
:
La pédagogie d’Advancia, l’école de l’entrepreneuriat,
est centrée sur la prise d’initiatives et la gestion de projet.
Les étudiants sont soumis à une obligation de résultats
par la création d’une association ou d’une entreprise. Le travail
en équipe révèle les compétences de chacun.
L’objectif
du club d’entrepreneurs étudiants d’Advancia est de « créer
du réseau ». Il permet de mettre en relation les étudiants
avec des créateurs qui assurent du mentorat et partagent leur
expérience.
L’état
d’esprit de l’école se fonde sur l’esprit d’entreprendre dans
toutes ses dimensions : pour la création d’entreprise mais aussi
dans la vie. Il s’agit de diffuser chez les étudiants la volonté
de mener sa vie et non de la subir. Hugues de REVEL souligne que l’entrepreneuriat,
c’est aussi l’intrapreneuriat, c’est-à-dire l’entrepreneuriat
dans une entreprise. Ainsi un chef de projet ou un
créateur d’une filiale est une véritable entrepreneur
!
Marie-Claire
AUFFRAY, professeur de gestion au lycée hôtelier
Jean Quarré (http://lyc-jeanquarre.scola.ac-paris.fr)
et membre de l’AGPCE (http://agpce.free.fr)
:
Marie-Claire AUFFRAY témoigne que de nombreux jeunes souhaitent
entreprendre. Sur 66 étudiants de BTS 1ère ou 2ème
année, 27 jeunes, dont 16 filles, souhaitent présenter
un projet de création d’entreprise à afin de remporter
la « coupe des créateurs juniors » de l’AGPCE. Dans
son accompagnement à la création, l’AGPCE travaille autant
avec les jeunes sur leurs ambitions
(motivations, conciliation entre vie professionnelle et vie personnelle)
que sur le projet en tant que tel (business plan, financement).
Sara
DA SILVA GRANCHO, chef de projet du Groupement de Jeunes Créateurs
de Vaulx-en-Velin :
Dans le quartier difficile dans lequel Sara DA SILVA GRANCHO travaille,
elle rencontre beaucoupde jeunes qui veulent entreprendre et notamment
des filles. La meilleure preuve la réalité de l’esprit
d’entreprendre chez les jeunes est la présence d’entrepreneurs
informels !
L’accompagnement de projets de création a donné envie
à Sara DA SILVA GRANCHO de se lancer dans l’aventure. Elle souhaite
fonder :
-à court terme, une activité autour de l’huile d’olive
-à moyen terme, des chambres d’hôtes dans sa région
d’origine au Portugal.
Marion HENOCQ, chargée de mission au sein de
la Boutique de Gestion Action Conseil (http://www.action-conseil.net)
:
Basée en Rhône-Alpes, la Boutique de Gestion Action Conseil
accompagne tous les types de projets et toutes les catégories
de créateurs. Cette association soutient 150 à 200 projets
chaque année. Les principaux problèmes rencontrés
par les créateurs relèvent de la formalisation du projet
et de la recherche de financement. Marion HENOCQ remarque que de nombreux
projets semblent avortés car ils ne sont lancent pas immédiatement
mais ils s’avèrent en réalité le plus souvent seulement
reportés.
Bertrand
de BROC, parrain de l’association Jeunes Entrepreneurs, skipper
professionnel (Vendée Globe, Championnats multicoques, Solitaire
du Figaro) :
Depuis l’âge de 18 ans, Bertrand de BROC tape aux portes des entreprises
et des banques pour réunir des budgets afin de pouvoir naviguer.
Sans les réseaux, il assure qu’il n’aurait pas pu décrocher
un centime auprès des banques et de sponsors
Il
sait que son métier est à risque. Ainsi il y a 3 à
4 ans, il dirigeait avec bonheur 6 à 7 personnes pour faire avancer
ses projets. Il y a quelques mois, il a dû licencier tous ses
salariés car une entreprise avait retiré son sponsoring.
« Rien n’est acquis. La vie est là ! Il faut se faire plaisir
en travaillant. »
L'association
Jeunes Entrepreneurs adresse un grand merci aux participants à
l'AG issus d'Advancia pour ce compte-rendu |